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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 08:39

Par A de MUSSET

 

Vous les regrettiez presque en me les envoyant,

Ces vers, beaux comme un rêve et purs comme l'aurore.
Ce malheureux garçon, disiez-vous en riant,
Va se croire obligé de me répondre encore.

Bonjour, ami sonnet, si doux, si bienveillant,
Poésie, amitié que le vulgaire ignore,
Gentil bouquet de fleurs, de larmes tout brillant,
Que dans un noble coeur un soupir fait éclore.

Oui, nous avons ensemble, à peu près, commencé
À songer ce grand songe où le monde est bercé.
J'ai perdu des procès très chers, et j'en appelle.

Mais en vous écoutant tout regret a cessé.
Meure mon triste coeur, quand ma pauvre cervelle
Ne saura plus sentir le charme du passé.

 

Par dzb17 - Publié dans : Poésie
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 23:00

Au départ, l'idée du poème m'est venue à la (re)lecture du Tartuffe de Molière. Je voulais aborder ici un thème particulier de la relation médecin-consultant, celui de l'attirance physique et poser la question d'une tartuferie. J'aime notamment beaucoup la scène 3 de l'acte III

Le thème s'est réactivé il y a peu grâce à une remarque de l'amie Docteur Couine au cours d'une banale discussion. Couine, je te dédie ce billet.

 

 

Elle est là, face à moi

Je regarde son minois

Nous sommes seuls en silence

Et mes yeux, et mes sens,

Lentement, inconscients

Se réveillent impudents.

 

Et ses traits et ses charmes

Sont pour moi tout un drame.

Je ne puis en conscience

Suivre ce blanc, de faïence,

Jusque sous son corsage

Qui s'entrouvre, doux voyage,

Vers ce sein suggéré

Que je n'ose rêver.

 

Elle est là délicieuse

Et mes yeux la dévorent

Elle est presque précieuse

Mais ses gestes encore

Poussent jusqu'à la transe

Ces pensées d'indécence

Qui me viennent alors

Mes yeux là sur son corps.

 

Je ne puis toutefois pas

Vous dire ici cela

Car je suis son medecin

Et qu'il serait malsain

De vous conter son sein

Ou ses charmes assassins

 

Garderai-je donc pour moi

Cette vision cet émoi

Cet instant, consultant,

Où mon sang bouillonnant

Ne fit en moi qu'un tour

Cédant à ses atours ?

 

Je le tais, je le dois.

Je le puis, je le crois.

Je fais ici serment

De cacher mon tourment

Au moins pour cette fois

Au moins à votre endroit.

Par dzb17 - Publié dans : Médecine en poésie
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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 07:34

Imaginons et jouons avec la fiction que nous permet le conte.

 

Il était une fois, dans un pays lointain, un homme fort simple et qui exerçait, pour ses congénères, une médecine de proximité. Il était en place depuis fort longtemps et suivait des familles entières. Pour tous il était un proche et tous lui étaient tout aussi proches. La vie pour les gens du cru n'était pas rose tous les jours et pourtant ils savaient bien que dans les contrées lointaines, par delà les monts, les vaux ou les mers d'autres peuples vivaient de bien pires destins.

Ils demeuraient dans un royaume qui fut riche et renommé et qui s'enorgueillait de bien des gloires passées mais qui peinait de plus en plus à contenter son peuple. De plus en plus, l'administration royale cherchait à endormir les consciences et, au fil des jours, le poids d'une crise latente dont on parlait depuis des dizaines d'années écrasait ses citoyens. La situation se compliquait à mesure que l'emploi se tarissait et que l'argent s'envolait pour payer les dépenses somptuaires d'un appareil d'état sur dimensionné. 

Des jours de gloire passés et de la bonne volonté des ancêtres qui avaient combattu, durement, les habitants des royaumes voisins, ils avaient hérité d'un système de solidarité et de redistribution de richesse qui, en son temps, avait bien fonctionné. Le système était généreux, quasi une providence, mais appartenaient aux temps jadis que notre héros n'avait pas connus, ces années d'insouciance et de facilité, d'un bonheur simple et facile pour tous sans peur du lendemain dont on parle parfois encore ici et là dans les veillées nostalgiques. Ce système antique persistait donc encore de son temps mais battait de l'aile et nul ne savait s'il durerait longtemps encore, on craignait pour lui. 

Quand il exerçait son métier, il voyait de tout, parlait de tout, avec tous. Il les connaissait bien ses concitoyens, ses frères. Il avait au coeur cette volonté de toujours leur apporter ce qu'il pouvait et, à sa petite échelle, oeuvrait de son mieux.

Il avait constaté, depuis quelques temps, une dégradation des conditions de vie de ses patients. Il remarquait bien que de plus en plus, en dépit d'honoraires accessibles et en grande partie pris en charge par la solidarité publique, le flot des doléances s'accroissait, les difficultés financières de beaucoup se faisaient sentir jusqu'au coeur du colloque singulier de la consultation et les langues se déliaient dans son antre de secrets partagés. Il ne connaissait plus un jour sans que les gars du cru, pourtant de solides gaillards, ou ces femmes-courage ne viennent le voir et s'épanchent en de lourds sanglots sur ces sorts qui leur échappaient. Il y avait une ambiance de fin de règne et au fil des mots on sentait poindre comme la montée d'une exaspération, un souffle pré-révolutionnaire. Lui écoutait surtout, parlait parfois, soutenait souvent mais que pouvait-il bien faire de plus, est ce là son rôle ? De plus en plus de questions se posaient pour lui et de moins en moins de réponses ne lui venaient. Comme les autres, il sentait son monde doucement s'écrouler et, impuissant, le regardait au milieu du tumulte. 

Un jour, à la fin d'une matinée de consultation, alors que rien ne sortait de son ordinaire, est arrivé un homme qu'il connaissait bien. Il avait la stature et le charisme d'un homme dans la force de l'âge mais déjà son cheveu était gris et de profondes rides marquaient son visage. Il n'était pas vieux encore et pourtant déjà plus si jeune. La crise l'avait rattrapé un peu avant les autres et on lui avait signifié, il y a quelques temps déjà, sa mise en préretraite, sorte de chômage forcé. Il était devenu trop vieux, trop cher, trop peu productif. Il était de trop, tout simplement.

Sa mise au repos forcé fut pour lui un bien lourd fardeau à porter et du jour au lendemain une bien longue galère lui avait été imposée. Il perdit d'abord le moral, puis sa famille qui vola en éclat avec son divorce traumatique, et puis vinrent les difficultés financières sans fin qui consommèrent tout son pécule et jusqu'à sa maison même pourtant si durement acquise par une vie de labeur. Il perdit jours après jours tout ce qu'il pouvait perdre et même jusqu'à son estime personnelle. Il devint ce pauvre erre que notre héros voyait là devant lui, un être rongé par l'alcool et le temps qui passe trop vite et trop dur sur le pavé des rues. Il vivotait d'aumônes et de minima sociaux parcimonieusement donnés et tout aussitôt bus. 

Ce jour là, il était venu consulter pour une broutille, pas même avec un vrai motif. Il voulait parler, juste s'épancher auprès d'un allié sans à priori ni jugement. Il voulait juste une bouffée d'humanité, dut elle ne durer que 15 minutes. Ils discutèrent, entre hommes, et la conversation, comme toutes autres ici, demeura bien protégée par le plomb su sacro saint secret partagé. De toute façon, qui y avait il à en ressortir, qui y aurait il à en dire ? Ils finirent et chacun reprit son activité arpentant sans cap les rues ou les tranches de vie qui s'ouvraient à leurs pas.

Ils se revirent la semaine suivante, toujours sans motif, à la demande de l'homme. Il avait une proposition délicate à faire à notre protagoniste principal. Il avait réfléchi et pensé un système simple. Il se proposait de venir régulièrement sans motif et même sans consommer ce précieux temps médical. En échange de la présentation de ce passe qui lui donnait le droit, comme à tous, à un accès à la santé illimité et inconditionnel à un professionnel agréé de premier recours, et en remerciement de cet argent facilement généré, lui et notre ami se partageraient le bénéfice restant, quelques pièces pour chacun en somme. Il lui présenta le projet comme un arrangement avec la morale à peine au delà de la frontière du droit, tout juste un service, une faute vénielle, qui permettrait à chacun de ne pas perdre au change et à notre indigent de compter sur un petit plus, quasi un petit rien.

L'histoire ne dit pas quelle fut la suite donnée à cette demande, tout juste sait on qu'ils se virent encore chacun dans son rôle mais plus jamais les registres ne font état de leurs discussions. Je crois bien que ces échanges se sont dilués dans l'histoire, négligemment oubliés par le chroniqueur de ce temps. Du reste, la geste royale dans laquelle j'ai lu cette histoire ne mentionne même pas s'ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants. Ceci est sans doute une autre histoire.

 

 

A ce moment du conte, celui de la morale, que puis je en dire, que pouvons nous en penser ? Chacun interprétera comme il le souhaite et répondra comme il le veut à la fameuse question qui voudrait savoir ce que nous aurions fait en de telles circonstances quand l'empathie, la sympathie, la compassion s'entrechoquent. Quand, assis sur un système de protection solidaire autogenerateur d'argent il est possible de passer outre certaines limites pour de petits arrangements qui semblent à petite échelle bien véniels mais qui répétés, amplifiés sont générateurs de dégâts. 

 

Cette histoire est fictive, sans doute, car elle se passe il y a bien longtemps dans un pays lointain mais qui sait, peut être que de nos jours, dans nos activités nous nous retrouvons projetés sans le savoir au beau milieu d'un conte dont nous ne sommes pas ni l'auteur ni le narrateur mais, personnages et acteurs, nous vivons sous le joug d'une histoire qui nous heurte. 

Par dzb17 - Publié dans : Médecine
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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 12:58

Je ne me souviens plus bien de son prénom, tout juste me reste-t-il une vague idée de son patronyme, je l'ai à vrai dire peu connu. 

Il était pourtant voisin direct du cabinet où se déroulait mon stage chez un praticien de médecine générale, c'était il y a déjà si longtemps. 

Il fut l'un de mes tous premiers patients vu en autonomie, il reste l'un de ceux que je n'oublierai pas de sitôt. 

Dans un monde idéal, cette histoire n'aurait pas du, pas pu se produire, dans un monde idéal, elle ne devrait plus arriver.

Nous sommes donc dans une petite cité minière très laide. Ici plus rien ne vit, ici tout se meurt ou tout fuit, ici le temps a cessé il y a des années quand les gars n'ont plus eu à descendre au fond pour gratter ce charbon qui avait fait leur richesse, leur fierté. Ici pourtant vivaient encore des anciens qui avaient posé là leurs vies et n'avaient pas d'autres horizons. Lui, vivait ici comme d'autres de sa trempe, il était un de ces piliers antiques planté là, simplement le témoin de ces choses passées qui nous échappent déjà. 

Depuis longtemps déjà l'ortie avait envahi sa cour. Sa maison, à toutes autres semblable, se mourrait en silence, plus tout à fait entretenue par son unique habitant. Depuis longtemps déjà, les âmes une à une avait déserté ce petit bout d'univers, sa bicoque ouvrière. Mais il restait là, fier et heureux. Depuis 20 ans sans doute plus rien n'avait bougé, plus aucune photo nouvelle n'était venue s'ajouter à celles qui jaunissaient sur sa commode. Depuis 20 ans sans doute son lit était demeuré froid de l'absence de l'épouse tant aimée et décédeé trop tôt. Il était l'un de ces deracinés que j'ai bien connus, il aurait pu être Italien ou Polonais comme la moitié des gars du cru, ça ne faisait plus rien, il était un ancien du carreau et c'est tout ce qui comptait. 

Les voisins le savaient seul, sale et sans doute malade et ils finirent par s'inquiéter de le retrouver un jour mort dans son lit. Les discussions bienveillantes sur son sort allaient bon train entre voisins et la rumeur a fini par monter, a touché le maire, les services sociaux et a fini par retomber chez ses enfants, si loin, si distants. D'un commun accord, il fut décidé du placement de l'aïeul. Chacun jouant son rôle la place fut trouvée tandis que le finacement et les paperasses furent vite expédiés. 

 

La première fois que je l'ai vu, c'était au début de la dernière semaine de sa vie. Il était alors venu au cabinet chercher son ordonnance mensuelle auprès de celui qui m'accueillait en stage, son généraliste de toujours. Mesure de tension, auscultation rapide et signature en bas de page, un cas vite réglé. Toutefois, j'ai cru deviner une profonde gêne dans son âme insondable quand, sur le pas de la porte, quelques mots sur son état d'esprit à la veille du démanagement - prévu pour le lundi suivant - furent échangés. Etait-ce ses troubles cognitifs ou un réel défaut d'information mais il ne sembla alors pas au courant et de fait me parut l'apprendre de nos bouches. Mon maitre de stage mis volontiers ça sur le compte de sa mémoire défaillante et le congédia amicalement. Il était de ceux qui savent que les vieux rocs du coin ne s'épanchent pas en sentiments, il savait ce qu'il faisait.

La journée s'écoula sans encombre et mon tuteur partit en vacances, comme prévu, 2 jours plus tard. Je fus alors et pour la première fois de ma vie hors de l'hôpital, laissé seul à la barre d'une consultation et sans possibilité ou presque de joindre mon mentor parti couler quelques jours tranquilles au delà de la méditerrannée. 

Le samedi vint et avec lui ce début de certitude que tout se passait sans encombre et que ce n'était au final pas si compliqué que ça.

J'allais ainsi boucler le cabinet pour le week end quand je vis notre homme sur le pas de porte qui attendait. Il fut visiblement déçu de n'avoir à faire qu'à moi et d'apprendre que son médecin était en vacances. Il s'excusa de m'avoir dérangé, se mit à pleurer et bredouilla qu'il aurait voulu discuter de son institutionnalisation prochaine mais il s'envola très vite, trop sans doute. Je n'eus aucune chance de le retenir, je n'ai pas su le faire.

Le moment du départ venu, je suis rentré chez moi pour le week end, sans autre forme de procès. 

Les premières heures du lundi survinrent et avec elles cette perspective personnelle d'une première vraie semaine entière aux commandes du cabinet. Bien décidé à arriver tôt pour préparer au mieux mes affaires et prendre le temps de lire les dossiers des patients qui viendraient me voir, c'est le coeur léger que je cheminais vers le centre de la cité. Je n'étais pas encore tout à fait parvenu à destination que j'ai vite compris qu'il se passait des choses bizares à proximité immédiate du cabinet : dans la petite rue, d'habitude si paisible, tournoyaient les girophares et quelques véhicules bariolés de la police, du smur et des pompiers me barraient le chemin. Un evenement d'une particulière gravité avait donc eu lieu ici cette nuit. Les visages des voisins sur leurs seuils étaient graves et fermés, l'ambiance était funèbre et tout un théatre s'offrait à mes yeux. 

L'homme s'était pendu à l'aube. C'était là tout le drame. 

Il avait été trouvé par ses enfants venus le chercher pour le transfert vers son nouveau lieu de vie, la maison de retraite de la ville d'à côté. 

Il avait laissé un petit mot expliquant son geste, objectivant sa volonté de mourir où sa femme était morte, où ses enfants avaients vus le jour et où, arrivé de son lointain chez lui il y a des dizaines d'années, il avait construit une vie qui valait ce qu'elle valait mais qui était la sienne. Il ne se sentait pas de déménager pour aller mourir sur un lit propret dans une chambre sans âme, entouré certes mais de visages inconnus. Il disait avoir été trahi et qu'il avait choisi son jour, sa fin. Il partait portant sur son coeur, dans la pochette de sa chemise du dimanche, le portait de sa femme. Sa lettre d'ailleurs se terminait sur cette dernière volonté d'être porté en terre à son côté, son portrait sur le coeur.

Ce jour là, c'était mon premier lundi en autonomie complète à ma place de généraliste. Comment pourrais-je oublier ce jour là ?

Par dzb17 - Publié dans : Médecine
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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 08:20

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses. 

Je ne suis pas en train de parler d'autres choses. 

Premier mai ! l'amour gai, triste, brûlant, jaloux, 

Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ; 

L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise, 

La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ; 

Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur, 

Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ; 

L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine 

Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,

Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.

A chaque pas du jour dans le bleu firmament, 

La campagne éperdue, et toujours plus éprise,

Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise 

Envoie au renouveau ses baisers odorants ; 

Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans, 

Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime ! 

Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même, 

Font des taches partout de toutes les couleurs ; 

Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;

Comme si ses soupirs et ses tendres missives

Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives, 

Et tous les billets doux de son amour bavard, 

Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !

Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées, 

Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ; 

Tout semble confier à l'ombre un doux secret ; 

Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait 

Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore, 

La haie en fleur, le lierre et la source sonore, 

Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants, 

Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

 

Victor HUGO

Par dzb17 - Publié dans : Poésie
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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 18:20

J'aime ces moments de partage quand ma fille s'abandonne doucement au sommeil au creux de mes bras. Je pense qu'elle aussi apprécie ces instants tant je la sens réceptive. J'aime sentir son blotissement quand je commence à lui fredonner cet air. C'est un extrait du film d'animation de Disney, Anatasia que j'ai découvert chanté par mon épouse il y a quelques mois. 

Plus que ces moments, plus que ces souvenirs que nous nous forgeons ensemble, j'aime ma fille et sa mère, mon épouse. Je leur dédis ce billet. 

 

Des images me reviennent

Comme le souvenir tendre

D'une ancienne ritournelle

Autrefois en décembre

Je me souviens il me semble

Des jeux qu'on inventait ensemble

Je retrouve dans un sourire

La flamme des souvenirs

 

Doucement un écho,

Comme une braise sous la cendre

Un murmure à mi mots 

Que mon coeur veut comprendre

 

Je me souviens il me semble

Des jeux qu'on inventait ensemble

Je retrouve dans un sourire 

La flamme des souvenirs

 

Et au loin, un écho

Comme une braise sous la cendre

Un murmure à mi-mots

Que mon coeur veut comprendre

Une ancienne ritournelle

Loin du froid de décembre.

 


Par dzb17 - Publié dans : Palabres
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Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 11:15

Il y a une quinzaine d'année, je marchais comme je marche ce matin. Le froid, l'humide et ce petit vent qui me fouette le visage étaient les mêmes. J'errais seul dans les rues d'une autre ville. Ces instants ne sont ni agrébles ni reposant mais je les aime, je crois que je pourrais les vivre encore et toujours des heures durant. J'aime à être là face à moi même et laisser mon esprit se reposer à mesure que lui aussi serpente. Il y a 15 ans, je n'étais pas tout à fait le même mais déjà pas si différent, il y a 15 ans je marchais et il n'y avait que moi.

A mesure que je regarde mes pas se succéder me reviennent ces pensées qui s'organisaient alors, ces rêves qu prenaient forme. Je voulais un meilleur destin, une vie plus facile, enfin dépendre de moi et rien que de moi, ne plus devoir compter sur les autres, mieux ne plus devoir les supporter. J'avais envie d'ailleurs, de lointain, de grands espaces. J'eus pu partir sur un coup de tête, le baluchon sur l'épaule et l'âme légère portée par les vents, j'eus pu mais je ne l'ai pas fait. Je crois que je ne suis pas fait pour ces choses là.

J'ai marché ce jour là. Je ne savais pas ce que je deviendrai ni même si je réussirai mais j'ai décidé de ne plus jamais cesser d'avancer. J'ai fait bien d'autres rêves depuis et ai jusqu'alors réussi tout ce que j'ai entrepris. J'ai sans doute eu de la chance, j'y ai mis beaucoup d'énergie, mais une chose est certaine j'ai toujours tenté d'apprécier quand même les difficultés et de ne jamais renoncer. Je ne savais pas encore que j'étais stoïcien, je ne le sus que plus tard, mais si je sais une chose aujourd'hui c'est que mon destin n'était pas de partir loin, au calme.

Je l'aime ce froid, ce vent, ce calme. Je suis heureux aujourd'hui, à ce moment précis de ma marche, seul face à moi même, je touche à l'ataraxie.

Par dzb17 - Publié dans : Stoïcisme
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Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 22:28

"Je ne sais pas ce qui m'arrive, je ne me sens plus comme avant.

Je ne sais pas si c'est de la fatigue ou de l'épuisement, mais je ressens une sorte d'étourdissement.

J'en suis arrivé à un point où je me sens comme abasourdie par les évènements et je crois être allé au delà de mes limites.

Cela fait 3 ans maintenant que je subi cette pression, ça fait trop longtemps que je ne vis plus ma vie, que je m'astreins à un rythme qui n'est pas le mien, je le fais pour faire plaisir à mes parents, j'ai si peur de les décevoir.

Que puis je faire, moi, je n'ai plu de forces, j'ai épuisé toutes mes ressources.

Je suis groggy, tout KO debout et j'ai juste envie de passer à autre chose, de vivre enfin ma vie.

Je ne sais pas si vous me comprenez, je ne sais pas si vous pouvez m'aider.

J'ai toutes ces pensées qui s'entrechoquent dans ma tête, ça m'obsède, j'ai envie de crier mais rien ne sort et personne ne m'écoute. Je suis une autre que je n'ai pas choisie.

J'ai tenu le coup jusqu'à maintenant, mais désormais je ne peux plus, même s'il ne reste presque plus de chemin à parcourir, je ne me sens pas la capacité de la faire, je gaspille mon temps.

 

Je ne sais pas si vous pourrez m'aider, me comprendre mais j'avais besoin que quelqu'un m'entende. Merci d'être ces oreilles et ce regard que mes proches ne peuvent pas me porter."

 

 

C'était il y a un 2 ans environ, à la fin de l'année universitaire. Elle était venue me voir complètement perdue car écrasée par un système et une formation qu'elle avait choisie mais que ses parents avaient très fortement suggérée. Elle recommençait pour la troisième et dernière fois une année difficile et sélective et en dépit d'un travail sérieux et appliqué n'avait pas réussi à accrocher les bons wagons qui étaient partis sans elle. Elle se retrouvait à quelques semaines de la scellée définitive de son destin dans cette branche et n'y voyait plus clair.

 

Je l'ai revue il y a quelques mois. Ses illusions et les projections de ses parents s'étaient effondrées quelques semaines après notre entrevue, il n'y a pas eu de happy ending. Mais elle s'est retrouvée, a redéfini ses priorités et son orientation. Aujourd'hui elle suit un chemin qu'elle a elle même choisi et qu'elle assume mieux. La dernière fois que je l'ai vue elle m'a reparlé de cette discussion que nous avions eu 2 ans auparavant, elle s'est rappelé de cette paralysie qu'elle ressentait et nous en avons rediscuté. Ce témoignage du passé, cette cicatrice nous en partageons tous deux une part, elle est désormais inscrite dans nos expériences.

Ce soir au fil de ma playlist je tombe sur ce titre de Linkin Park qui date lui aussi de quelques années et je mets là sur ces paroles un sens particulier, une connotation qui me font penser à elle et à tous ces autres profils vus de jeunes gens qui se font user par un système. J'ai une pensée pour eux au moment d'écrire ces mots.

 


 

Numb = Engourdi, paralysé

 

Par dzb17 - Publié dans : Médecine
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Vendredi 12 avril 2013 5 12 /04 /Avr /2013 22:47

J'aime bien faire des gardes de ville.

C'est un autre rythme, une autre ambiance, une autre mission.

 

Ces derniers temps, les règles du jeu ont un peu changé. Désormais, elles édictent qu'on nous sollicite de moins en moins. Les gens doivent ou se débrouiller par eux même - et donc le plus souvent attendre - ou alors voir directement avec le service d'accueil des urgences de l'hôpital.

 

Ces derniers temps mes gardes me déçoivent.

Depuis le début de l'année j'en suis sans doute à une vingtaine effectuées, je ne crois pas avoir dû sortir plus de 30 fois dont pas loin du tiers pour aller constater des décès.

Je suis un peu déçu par ce qu'on me demande de faire et le rôle occupé dans le grande chaîne de soins proposée aux patients.

Je ne me satisfais pas de ces heures de simple attente chez moi et sans rien faire quand j'apprends le lendemain que mes patients ou ceux d'autres confrères sont passés par les urgences pour un problème et qu'ils ont attendu des heures avant une prise en charge qui aurait dû être celle d'un généraliste.

Je me questionne sur mon recours quand on m'envoie faire un constat de décès ou pour faire hospitaliser contre son gré et donc sous contrainte un patient psychiatrique sous prétexte que "si je ne le fais pas qui le fera" et ce, même si les plus grands embarras règnent sur ce type de prises en charge.

Je m'inquiète enfin quand je vois ce qu'on a fait du lien ville hôpital. Que je sois seul dans mon coin à faire de tout, ça ne me dérange pas, c'est dans un sens un peu un choix. Mais je regrette profondément le manque de lien entre mes soins et ceux du monde hospitalier quand, lors d'une garde, je les sollicite. J'ai beau me parer d'optimisme, accomplir stoïquement ma tâche, que ne constaté-je cette altération de nos interactions. J'ai de plus en plus l'impression d'être, médecin de ville, marginal d'un dispositif de plus en plus centré par les structures de régulation et d'urgences.

C'est triste de penser que pour ma petite patiente que je voulais faire hospitaliser en pédiatrie pour déshydratation je n'ai pas pu avoir directement le pédiatre de garde et qu'il a fallu qu'elle attende encore près de 2h après m'avoir vu pour voir l'interne des urgences qui enfin put appeler et obtenir ce lit que je savais disponible et qui ne pouvait être refusé. Que c'est triste de voir mon patient vu pour une urgence relative entrer à l'hôpital avec un bilan complet de ville et à qui on refait le même bilan pour aboutir à la même conclusion et pour finalement le faire voir au chirurgien qui l'opérera 2h plus tard. Que c'est dommage de se faire systématiquement rabrouer au téléphone quand j'appelle pour discuter de doutes ou d'orientations d'un bilan que je ne peux pas faire en ville et que je ne prescrirai pas. Que c'est dommage en effet de sentir ce regard et ces préjugés nous tomber dessus de vive voix par insinuations ou par plus sournoisement par le retour des patients. Que je regrette de ne plus désormais recourir qu'aux lettres de liaison. Que je regrette de ne plus jamais oublier le besoin de les photocopier pour les garder en archive afin de parer au risque de se voir renvoyer le patient sans que soit explorée la pathologie soupçonée et pour laquelle j'avais les plus grandes craintes.

 

J'ai beau être simple médecin généraliste, un tout petit rien de ce système qui sans doute m'échappe mais je me demande franchement à quoi tout cela rime. A quoi sert encore de maintenir un mode de fonctionnement qui a fait l'aura de mes prédécesseurs et dont on parle encore au coin du feu lors des veillées, je ne comprends plus bien ces choix qui sont ou ont été fait. Je ne crois vraiment pas qu'on aille dans l'intérêt des populations que l'on sert.

 

J'aime bien faire des gardes de ville, mais je sens que le système s'épuise. Au rythme où tout s'étiole, j'en verrai la fin depuis le pont de mon petit navire.

Par dzb17 - Publié dans : Médecine
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Mercredi 20 mars 2013 3 20 /03 /Mars /2013 13:45

Madame,

 

Vous fûtes dans mon lit cette nuit, je ne vous y ai pas retrouvée ce matin. Mais je me souviens encore.

Je n'ai hélas pas eu le temps de vous dire comme votre présence m'est douce et tendre, de vous glisser un baiser. Vous vous êtes envolée trop tôt pour rejoindre votre travail. Il ne m'est plus resté, lové dans la chaleur des draps, que votre doux souvenir. J'ai dû composer avec votre absence et me suis morfondu jusqu'au réveil. Oh que de jolies pensées naissent en ce moment pensant à vous, je vous attends, je vous espère. Je vais vous retrouver.

 

Aujourd'hui est un beau jour, un jour que vous appréhendez, je le sais, mais un jour qui vous honore. Ce jour est celui de votre anniversaire. Je voudrais vous dire, Madame, la profondeur des sentiments qui sont les miens à votre égard, j'aimerais tant savoir faire pour vous les glisser à l'oreille, j'aimerais tant vous être tendre au point de vous faire fondre, mais que puis je, là, seul sur mon clavier ?

Je me réjouis, ici, de partager d'ici à quelques heures de bons moments à vos côtés. Je sentirais votre présence, j'aimerais votre parfum, votre silhouette. Je me plongerais encore, comme je l'ai toujours fait dans vos yeux qui m'ont fait chaviré et me viendront encore ces vers d'Aragon que j'aurais aimé écrire pour vous.

 

Je ne suis que votre amant, votre plus grand admirateur mais je suis, je le sais, le plus heureux des hommes.

A vous qui avez su mettre un grain de folie dans mon austérité, qui avez accroché un ciel et de voluptueux nuages à mon feuillage en m'octroyant ainsi une autre dimension, à vous qui êtes ma légèreté, mon souffle, ma muse, je vous envoie ce jour ces mots. Que cette occasion qui m'est donnée céans de célébrer votre personne me soit l'occasion de vous souhaiter de bien belles choses. Laissez moi vous dire mes plus tendres baisers et vouloir pour vous un bel anniversaire.

Je ne désire qu'une chose, que nous vivions longtemps encore de beaux moments et pouvoir vous dire encore ces mots, simplement ensemble.

 

Votre Ami, votre Amant, votre Amour.

 

 

 

Par dzb17 - Publié dans : Palabres
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