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Palabres

Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 18:20

J'aime ces moments de partage quand ma fille s'abandonne doucement au sommeil au creux de mes bras. Je pense qu'elle aussi apprécie ces instants tant je la sens réceptive. J'aime sentir son blotissement quand je commence à lui fredonner cet air. C'est un extrait du film d'animation de Disney, Anatasia que j'ai découvert chanté par mon épouse il y a quelques mois. 

Plus que ces moments, plus que ces souvenirs que nous nous forgeons ensemble, j'aime ma fille et sa mère, mon épouse. Je leur dédis ce billet. 

 

Des images me reviennent

Comme le souvenir tendre

D'une ancienne ritournelle

Autrefois en décembre

Je me souviens il me semble

Des jeux qu'on inventait ensemble

Je retrouve dans un sourire

La flamme des souvenirs

 

Doucement un écho,

Comme une braise sous la cendre

Un murmure à mi mots 

Que mon coeur veut comprendre

 

Je me souviens il me semble

Des jeux qu'on inventait ensemble

Je retrouve dans un sourire 

La flamme des souvenirs

 

Et au loin, un écho

Comme une braise sous la cendre

Un murmure à mi-mots

Que mon coeur veut comprendre

Une ancienne ritournelle

Loin du froid de décembre.

 


Par dzb17 - Publié dans : Palabres
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Mercredi 20 mars 2013 3 20 /03 /Mars /2013 13:45

Madame,

 

Vous fûtes dans mon lit cette nuit, je ne vous y ai pas retrouvée ce matin. Mais je me souviens encore.

Je n'ai hélas pas eu le temps de vous dire comme votre présence m'est douce et tendre, de vous glisser un baiser. Vous vous êtes envolée trop tôt pour rejoindre votre travail. Il ne m'est plus resté, lové dans la chaleur des draps, que votre doux souvenir. J'ai dû composer avec votre absence et me suis morfondu jusqu'au réveil. Oh que de jolies pensées naissent en ce moment pensant à vous, je vous attends, je vous espère. Je vais vous retrouver.

 

Aujourd'hui est un beau jour, un jour que vous appréhendez, je le sais, mais un jour qui vous honore. Ce jour est celui de votre anniversaire. Je voudrais vous dire, Madame, la profondeur des sentiments qui sont les miens à votre égard, j'aimerais tant savoir faire pour vous les glisser à l'oreille, j'aimerais tant vous être tendre au point de vous faire fondre, mais que puis je, là, seul sur mon clavier ?

Je me réjouis, ici, de partager d'ici à quelques heures de bons moments à vos côtés. Je sentirais votre présence, j'aimerais votre parfum, votre silhouette. Je me plongerais encore, comme je l'ai toujours fait dans vos yeux qui m'ont fait chaviré et me viendront encore ces vers d'Aragon que j'aurais aimé écrire pour vous.

 

Je ne suis que votre amant, votre plus grand admirateur mais je suis, je le sais, le plus heureux des hommes.

A vous qui avez su mettre un grain de folie dans mon austérité, qui avez accroché un ciel et de voluptueux nuages à mon feuillage en m'octroyant ainsi une autre dimension, à vous qui êtes ma légèreté, mon souffle, ma muse, je vous envoie ce jour ces mots. Que cette occasion qui m'est donnée céans de célébrer votre personne me soit l'occasion de vous souhaiter de bien belles choses. Laissez moi vous dire mes plus tendres baisers et vouloir pour vous un bel anniversaire.

Je ne désire qu'une chose, que nous vivions longtemps encore de beaux moments et pouvoir vous dire encore ces mots, simplement ensemble.

 

Votre Ami, votre Amant, votre Amour.

 

 

 

Par dzb17 - Publié dans : Palabres
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Mardi 11 septembre 2012 2 11 /09 /Sep /2012 21:20

 

C'est une bien agréable chose que d'entendre ce rythme lent et majestueux de la sarabande. Il m'évoque, et m'évoquera longtemps encore ce long moment que j'ai vécu à la naissance de ma fille.

Je me revois encore, auprès de mon épouse quand le processus se mit en marche et que pas à pas nous le suivîmes. Main dans la main, nous avançames ensemble vers la plus belle des célébrations. Je me souviens encore l'accompagner de mes mots et de ma présence. Je me souviens mes regards et ces observations que j'emettais quand mes leçons de physiologie me rattrapaient pour me murmurer ce qui se passait. Ce fut très long et très court, un pas jamais brusqué toutefois, mais alors que revenaient toujours les mêmes mouvements et que se réinterprétait toujours le même thème, je le vis s'amplifier et s'enchir à mesure. J'ai aimé découvrir à la fin de cette marche le visage de celle qui alors vit le jour et qui tout aussitôt nous combla de joie.

Si la sarabande prit fin alors bien d'autres airs lui succédèrent depuis. J'ai tant aimé ce moment, je puis dire que pour toujours la sarabande m'en rappellera la noblesse et la grandeur, qualités si bien incarnées par mon épouse. 

Par dzb17 - Publié dans : Palabres
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Samedi 14 juillet 2012 6 14 /07 /Juil /2012 23:08

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Vendredi 6 juillet 2012 5 06 /07 /Juil /2012 21:37

J'étais en terminale.

Ma vie toute entière battait de l'aile. La structure familiale volait en éclat à l'issue d'une longue déliquescence. Cela faisait plusieurs années que mes relations père-fils avaient évolué en une guère ouverte devenue froide suite à de gigantesques efforts de pacification. Ma famille pas bien aisée jusque là connaissait toutes les difficultés habituelles que rencontrent les précaires à qui arrive un accident de la vie.

 

J'étais en terminale et les misères s'accumulaient.

Cela faisait près de trois ans que la fin avait commencé. Je luttais à ma manière usant des armes à ma disposition. La situation relationnelle avec mon père était clastique. L'impétueux adolescent bouillait en rêvant de pugilats ou de barbarie sordide, sa conscience moins primitive le réfrénait.

 

J'étais en terminale et jusqu'alors je n'avais jamais connu aucune difficulté à me maintenir à niveau.

Depuis toujours j'avais compris que je disposais de bonnes capacités intellectuelles et adaptatives. Elles m'avaient toujours permis de sentir le niveau moyen des classes dans lesquelles j'étais plongé et de me hisser juste suffisamment haut pour en être la tête mais sans avoir pour autant à fournir un effort important. J'ai toujours été facile, j'ai toujours été un très bon élève.

 

J'étais en terminale et avais depuis longtemps compris que mon niveau de connaissances dépassait de très loin celui de mon milieu. J'étais fils d'ouvrier et de femme de ménage, issu d'un milieu sans culture, fruste. Je sentais ce dilemme profond qui torturait ma condition : être quelqu'un parce que l'avenir m'était promis facile par cette école à qui je donnais ce qu'elle voulait avoir ou n'être personne car plombé par mon appartenance sociale.

 

J'étais en terminale et la guère des mots était terrible.

Je subissais et rendais coups pour coup, je cherchais à nuire et détruire autant qu'on cherchait à le faire. Je n'eus que peu de soutien, en fait tout juste ma mère. Personne autour ne savait, personne n'eût pu se douter, ces choses là ne se disent pas.

 

J'étais en terminale et voyais dans le bac un symbole.

Bien plus grand, bien plus beau encore que dans les yeux de mes camarades, ce sésame visé était devenu mon arc de triomphe, celui qui me permettrait de pointer l'une de mes plus belles victoires. Le simple fait de l'avoir me suffisait. J'imaginais bien volontiers que le fait de devenir le premier bachelier de la famille ferait de moi quelqu'un. La victoire semblait acquise, une simple formalité.

 

Mais j'étais en terminale et mon univers s'effondrait.

L'ambiance à la maison ne permettait plus de travailler sereinement, les difficultés financières plombait la vie quotidienne et pire que tout je connus alors des soucis de santé. Oh rien de trop rien de grave en soit mais juste de quoi me dispenser de cours tout le deuxième trimestre durant. A mon retour, mes gentils camarades d'une classe elitiste d'un grand lycée de province m'ont gentiment snobé quand il a fallu rattrapper les cours. Ils me firent alors entendre qu'ils fallait qu'ils révisent, eux, afin d'améliorer leur dossier scolaire, passeport pour les classes prépa, chose qui m'étais inutile puisque je ne visais que la fac de médecine.

 

J'étais en terminale, c'était au mois d'avril et je n'avais plus rien, qu'un rêve, qui paraissait de plus en plus lointain.

J'avais fort heureusement vécu mon onze janvier et j'en étais sorti plus fort. J'ai alors investi dans un livre qui trone encore dans ma bibliothèque et qui s'appelle le pavé du bac S. Il me promettait de tout me dire et de tout me donner, je lui ai fait confiance. J'ai remisé mes cours, mes livres et ai subi mes cours avec l'assiduité creuse d'une plante verte. J'ai consciencieusement tout appris, seul. 

 

J'étais en terminale et fort de ma préparation chaotique me suis présenté à mes examens de fin d'année.

A la fin des épreuves je ne sentais rien, ni soulagement ni crainte, je savais juste que je devais rentrer chez moi et que ce ne serait pas la joie. Quelques jours plus tard son tombés les résultats. J'y suis allé seul et ai parcouru les longues listes de noms placardées sur les murs de mon lycée. Il n'y avait pas le mien. Ni recalé ni admis, rien pas un nom, pas plus que ceux des gens de ma classe. Et aucun état d'âme dans ma tête, juste une résignation stoïque. J'appris alors écoutant les ouï-dire qu'il fallait aller voir plus loin sur le tableau d'affichage du lycée voisin puisqu'on lui avait donné la charge de la correction des séries scinetifiques. M'y rendant, j'y vis au loin mes camarades de classe et les ai soigneusement évité. Je me suis glissé le long des murs et ai vite trouvé ma classe mon nom et mon résultat : reçu, mention assez bien, moyenne 13,98.

 

J'étais en terminale et venais de décrocher mon graal, je marquais un point décisif dans la guerre d'usure, je mesurais tout le poids du symbole que je venais de m'octroyer et n'en étais pas peu fier. Je n'ai toutefois pas crié victoire, bien au contraire. J'ai regretté instantanément ce jour, et je le regrette encore, c'est là d'ailleurs mon dernier regret. Je regrette de n'avoir pas pu orner mon résultat d'une mention plus honorable, celle qui me paraissait justement due et promise par mes professeurs depuis des années, la mention la plus belle qui avait été décrochée sans mal par le tiers des gens de ma classe. De ce jour là, je garde le sentiment d'une injustice car je sais comme je me suis investi et quelles furent mes difficultés, j'ai le sentiment tenace d'un travail inachevé, baclé. J'aurais pu, aurais du faire mieux.

 

J'en ai bien peu souvent parlé mais chaque année la médiatisation des résultats du bac me pousse aux souvenirs. 

J'ai bien sûr accepté et usé de ce sésame et de sa puissance symbolique. J'ai depuis eu la chance non seulement de faire médecine mais en plus de me payer le luxe de n'y connaitre aucun échec facultaire passant tout du premier coup sans aucun rattrappage. Je ne crains plus ces mots qui sapaient mon estime cherchant à me détruire car je pêche par orgueil à l'envi s'il le faut.

 

En ces jours de médiatisation de ces résultats me reviennent ces souvenirs et mes pensées s'en vont à ceux qui comme moi en mon temps viennent de décrocher une clé qui leur ouvrira un autre avenir.

Par dzb17 - Publié dans : Palabres
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Mardi 12 juin 2012 2 12 /06 /Juin /2012 21:34

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Samedi 20 août 2011 6 20 /08 /Août /2011 08:02

Et ce jour est venu où ma vie a été bouleversée à jamais.


Ce jour là je travaillais, c'était un 17 août. J'étais interne au service des urgences du petit hôpital de la petite ville où je demeurais.
Ma vie était épanouie autant que riche et mon temps libre, moins encore qu'aujourd'hui, ne m'étais accessible. J'aimais ma vie. Je connaissais le bonheur, celui qui consiste à ne dépendre que de son âme seule et de s'épargner des troubles.
Je travaillais sans compter, très volontaire, tout simplement convaincu que j'assumais le rôle que le destin m'avait confié.


Nous étions quatre médecins ce jour là, deux titulaires et deux internes. L'activité subissait un regain et je devais avoir sous ma responsabilité trois ou quatre patients.
Lorsque je suis sorti de la salle dans laquelle je venais de voir un nouvel entrant, je l'ai vue, elle était là.
Quand elle m'a vu, elle m'a arrêté en arguant la nécessité de me poser une question sur sa prise en charge. N'aimant pas discuter du cas de quelque patient que ce soit entre deux portes ni à la volée, je lui ai demandé d'aller m'attendre dans le bureau des médecins, je la l'y rejoindrai plus tard quand j'aurai réglé ce que j'avais sur le feu.


Cette demoiselle, je l'avais vue deux jours plus tôt. J'étais également en poste et mes chefs ayant décidé qu'ils avaient déjà trop travaillé m'avaient demandé de gérer seul. Soit. C'est ce jour là que la jeune infirmière en stage dans l'un des services de l'hôpital a choisi pour se blesser. De fait, il s'agissait d'une blessure légère mais qui nécessitait des soins et surtout des prises de sang du fait d'un risque de contagion biologique avec le patient source. Cette prise en charge, hyper protocolarisée, je l'avais faite des dizaines de fois déjà et n'ai pas ce jour là fait différemment. Deux jours plus tôt, donc, la demoiselle était repartie avec ses ordonnances et ses consignes et moi j'avais poursuivi ma garde jusqu'au lendemain matin.

 

Ce jour là pour moi, rien n'a changé.


Fort occupé par des activités paraprofessionnelles encore plus prenantes que mes charges d'interne, ma journée suivante fut chargée et, fidèle à mon état d'esprit, j'avais déjà classé dans ma mémoire cette journée banale entre toutes.

 

Et ce jour est venu où ma vie a été bouleversée à jamais.


Je suis donc sorti du service de radiologie où je venais de négocier un examen pour mon nouveau patient, je me suis assuré que mes consignes avaient bien été intégrées et qu'elles allaient être mises en oeuvre et me suis rendu dans le bureau.
Elle m'attendais au milieu de la pièce debout face à l'étagère, le dos tourné à la porte. Je l'ai invitée à s'asseoir et à me dire son état de forme ainsi que le pourquoi de sa venue. Je ne me souviens plus de la réponse tout juste me rappelé-je qu'elle m'a demandé des précisions quant au suivi biologique, à quoi je lui ai répondu de manière semi automatique.


C'est ce moment que le destin a choisi pour convoquer le Trouble. En effet, nous échangions encore lorsque j'ai senti sa voix se modifier. Les hésitations et les vibratos poignaient à mesure que l'émotion montait. Ses gestes devenaient nerveux et imprécis, d'autant plus nerveux que la belle m'avoue qu'en fait le suivi n'est pas le motif de sa venue, qu'elle avait été séduite lors de notre entrevue et de terminer son mot du bout des lèvres au bout du bout de ses capacités de résistance, la défaillance étant proche, par une question sur ma disponibilité sentimentale et s'il serait envisageable que nous nous voyions en dehors.
Je ne suis plus sûr qu'elle ait vraiment réussi à terminer sa question, mais je l'avais comprise.

 

Cela faisait sept ans, presque huit que ma vie était à l'équilibre, j'étais seul, heureux, épanoui, ma vie sociale était riche. Je n'attendais rien. J'avais eu l'occasion, je crois, de me confronter aux sentiments et notamment amoureux mais rien n'avait été capable de passer cette carapace constitutionnelle.


Ce jour là je me souviens du Trouble que j'ai ressenti, que je ne comprenais pas, là tout de suite au moment de la déclaration. Il était insurmontable, incontrôlable, inattendu.


Je lui ai répondu "non", un "non" simple, bref, sec. Fidèle à mon habitude, j'ai ensuite argumenté. "Non" il n'y avait personne dans ma vie dans le sens où elle se posait la question, "non" cela ne me gênerais pas si on se voyait à l'extérieur mais "non" je n'étais pas sûr que cela soit possible. Je lui ai expliqué qu'il fallait que je passe outre la relation médecin-patiente et surtout que je n'avais pas le temps. Je savais que mes activités paraprofessionnelles allaient m'appeler à partir quelques semaines coupé du monde à travailer du soir au matin et du matin au soir. Je l'ai invitée à un échange de numéros de téléphone et à attendre que nous nous rappelions. Et elle est repartie ainsi et moi j'ai poursuivi.
J'ai gardé pour moi ce Trouble. Il m'étonnait, il me surprenait, il me fascinait. En son nom et fidèle au souvenir de ces yeux qui invoquaient le poème d'Aragon "les Yeux d'Elsa". Je décidai de la rappeler. Compte tenu de la densité de mon emploi du temps à venir, ce fut le jour même.
Nous nous sommes revus le lendemain, en ville. Nos histoires et nos caractères étaient si différents si complémentaires que ce jour là seule la nuit déjà avancée a su nous enjoindre à regagner nos penates. Je me suis couché avec l'impression d'avoir rencontré une personne que j'avais toujours connue et surtout la seule capable de me faire douter.
Nous nous sommes revus tous les jours après ce soir là et avons échangé notre premier baiser il y a trois ans tout juste. Elle est la seule personne que je connaisse qui soit passé outre mon indifférence sentimentale, que mes amis désignent du nom de handicap. Elle est aujourd'hui mon épouse, à tout jamais mon aimée.
A celle qui a su forcer la porte de mon coeur, voici un doux baiser et une partie de mes plus belles pensées. Je t'aime.

Par dzb17 - Publié dans : Palabres
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 20:34

Voici l'extrait de texte grâce auquel j'ai découvert, il y a quelques années de cela, la puissance des mots et du signifiant. Ce texte compte beaucoup pour moi. En effet, dans mes jeunes années, je me suis souvent senti proche de Figaro et particulièrement dans ce passage. J'aime sa révolte et son intelligence. Agé de 15 ans à l'époque, les mots ont pris un sens à part du fait de mon vécu, aujourd'hui, je ne suis plus en mesure de laisser des emportements se développer mais ce texte me touche. Merci M de BEAUMARCHAIS.

 

"FIGARO seul, se promenant dans l'obscurité, dit du ton le plus sombre: Femme! femme! femme! créature faible et décevante!... nul animal créé ne peut manquer à son instinct; le tien est-il donc de tromper?... Après m'avoir obstinément refusé quand je l'en pressais devant sa maîtresse; à l'instant qu'elle me donne sa parole; au milieu même de la cérémonie... Il riait en lisant, le perfide! et moi comme un benêt! Non, Monsieur le Comte, vous ne l'aurez pas... vous ne l'aurez pas. Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie! noblesse, fortune, un rang, des places; tout cela rend si fier! Qu'avez-vous fait pour tant de biens? vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus; du reste, homme assez ordinaire! tandis que moi, morbleu! perdu dans la foule obscure, il m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes; et vous voulez jouter... On vient... c'est elle... ce n'est personne. La nuit est noire en diable, et me voilà faisant le sot métier de mari, quoique je ne le sois qu'à moitié! (Il s'assied sur un banc.) Est-il rien de plus bizarre que la destinée! fils de je ne sais pas qui; volé par des bandits! élevé dans leurs moeurs, je m'en dégoûte et veux courir une carrière honnête; et partout je suis repoussé! J'apprends la chimie, la pharmacie, la chirurgie; et tout le crédit d'un grand seigneur peut à peine me mettre à la main une lancette vétérinaire! Las d'attrister des bêtes malades, et pour faire un métier contraire, je me jette à corps perdu dans le théâtre; me fussé-je mis une pierre au cou! Je broche une comédie dans les moeurs du sérail; auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet, sans scrupule: à l'instant, un envoyé... de je ne sais où se plaint que j'offense, dans mes vers, la Sublime Porte, la Perse, une partie de la presqu'île de l'Inde, toute l'Egypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d'Alger et de Maroc: et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l'omoplate, en nous disant: "chiens de chrétiens"! Ne pouvant avilir l'esprit, on se venge en le maltraitant. Mes joues creusaient; mon terme était échu; je voyais de loin arriver l'affreux recors, la plume fichée dans sa perruque; en frémissant je m'évertue. Il s'élève une question sur la nature des richesses; et comme il n'est pas nécessaire de tenir les choses, pour en raisonner, n'ayant pas un sol, j'écris sur la valeur de l'argent, et sur son produit net; sitôt je vois, du fond d'un fiacre, baisser pour moi le pont d'un château fort, à l'entrée duquel je laissai l'espérance et la liberté. (Il se lève.) Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu'ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil! je lui dirais... que les sottises imprimées n'ont d'importance qu'aux lieux où l'on en gêne le cours; que sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur; et qu'il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. (Il se rassied.) Las de nourrir un obscur pensionnaire, on me met un jour dans la rue; et comme il faut dîner, quoiqu'on ne soit plus en prison, je taille encore ma plume, et demande à chacun de quoi il est question: on me dit que pendant ma retraite économique, il s'est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions, qui s'étend même à celles de la presse; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits, ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs. Pour profiter de cette douce liberté, j'annonce un écrit périodique, et croyant n'aller sur les brisées d'aucun autre, je le nomme Journal inutile. Pou-ou! je vois s'élever contre moi mille pauvres diables à la feuille; on me supprime; et me voilà derechef sans emploi! Le désespoir m'allait saisir; on pense à moi pour une place, mais par malheur j'y étais propre: il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint. Il ne me restait plus qu'à voler; je me fais banquier de pharaon: alors, bonnes gens! je soupe en ville, et les personnes dites "comme il faut" m'ouvrent poliment leur maison, en retenant pour elles les trois quarts du profit. J'aurais bien pu me remonter; je commençais même à comprendre que pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir. Mais comme chacun pillait autour de moi, en exigeant que je fusse honnête, il fallut bien périr encore. Pour le coup je quittais le monde; et vingt brasses d'eau m'en allaient séparer, lorsqu'un dieu bienfaisant m'appelle à mon premier état. Je reprends ma trousse et mon cuir anglais; puis laissant la fumée aux sots qui s'en nourrissent, et la honte au milieu du chemin, comme trop lourde à un piéton, je vais rasant de ville en ville, et je vis enfin sans souci. Un grand seigneur passe à Séville; il me reconnaît, je le marie; et pour prix d'avoir eu par mes soins son épouse, il veut intercepter la mienne! intrigue, orage à ce sujet. Prêt à tomber dans un abîme, au moment d'épouser ma mère, mes parents m'arrivent à la file. (Il se lève en s'échauffant.) On se débat; c'est vous, c'est lui, c'est moi, c'est toi; non, ce n'est pas nous; eh! mais qui donc? (Il retombe assis.) O bizarre suite d'événements! Comment cela m'est-il arrivé? Pourquoi ces choses et non pas d'autres? Qui les a fixées sur ma tête? Forcé de parcourir la route où je suis entré sans le savoir, comme j'en sortirai sans le vouloir, je l'ai jonchée d'autant de fleurs que ma gaieté me l'a permis; encore je dis ma gaieté, sans savoir si elle est à moi plus que le reste, ni même quel est ce Moi dont je m'occupe: un assemblage informe de parties inconnues; puis un chétif être imbécile; un petit animal folâtre; un jeune homme ardent au plaisir, ayant tous les goûts pour jouir, faisant tous les métiers pour vivre; maître ici, valet là, selon qu'il plaît à la fortune! ambitieux par vanité, laborieux par nécessité; mais paresseux... avec délices! orateur selon le danger; poète par délassement; musicien par occasion; amoureux par folles bouffées; j'ai tout vu, tout fait, tout usé. Puis l'illusion s'est détruite, et trop désabusé... Désabusé!... Suzon, Suzon, Suzon! que tu me donnes de tourments!... J'entends marcher... on vient. Voici l'instant de la crise.


Il se retire près de la première coulisse à sa droite.

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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 18:52

En guise de premier article du blog, juste quelques mots de bienvenue, auto administrés et pour celui qui lira cela. Il y a un peu plus de 10 ans de cela, j'ai fait ma révolution. Dans la suite de cet épisode, j'ai révé, imaginé et mis en oeuvre plusieurs grands projets.

Le premier d'entre eux fut d'obtenir mon bac et de faire des études. Aujourd'hui, 10 ans plus tard, c'est chose faite puisque je suis devenu toubib. Étonnamment, il s'agissait du plus petit et du plus léger des projets celui qui serait le plus simple à voir ne pas se réaliser mais qui permettrait, s'il était accompli de me donner ce petit supplément de force et de courage que l'on recueille dans les victoires. Je pense que je n'en n'avais pas besoin mais cela m'a rendu la vie plus facile.

Le second fut de construire une vie qui n'appartienne qu'à moi et qui se déroule selon les règles de la nature. Il fallait pour cela et auparavant que je comprenne quelle était cette philosophie qui affleurait. Dès lors que j'identifiais le stoïcisme, je me mis à lire ses auteurs et à en faire mes maîtres. 

Le troisième grand projet personnel découle du second et fixe l'objectif d'éditer, puisque cette philosophie n'est pas dogmatique et appartient à celui qui la vit s'adaptant à ses conditions et à son époque, une version écrite de ce qu'est mon stoïcisme. Ce blog est la voie que j'ai choisie pour diffuser pour partie mes écrits.

Entre temps, puisque dix ans se sont écoulés, d'autres projets, moins structurels même si parfois d'égale importance ont vu le jour. J'en ferai aussi état au fil des pages ou des articles.

 

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